Février dans la Roue de Médecine : la Lune des Grands Vents (19 février - 20 mars)
- Lorraine

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La Lune des Grands Vents, du 19 février au 20 mars, marque le dernier passage sous la protection de Waboose, Gardien du Nord. C’est un temps de transformation intense où les vents soufflent de toutes les directions, nous invitant à lâcher prise et à nous préparer au renouveau printanier. Découvrez la médecine sacrée du vent et quelques pistes pour honorer cette période mystérieuse dans la Roue de Médecine.

Ces derniers temps, j'ai dû faire face à des événements qui m'ont demandé de mettre en pratique la Roue de Médecine, et particulièrement la direction du Nord avec l'enracinement. C'est ainsi que février dans la Roue de Médecine m'enseigne la force et la stabilité que l'on reçoit de notre ancrage dans la Terre-Mère.
Ce matin, en ouvrant la porte de chez moi, le vent de février m’a traversée d’un seul élan. Une bourrasque vive, presque tendre, qui m’a fait reculer d’un pas, comme si l’on me touchait l’épaule pour attirer mon attention.
Dans cet instant suspendu, deux présences se sont nouées en moi.
D’abord, l’évidence : nous entrons dans la Lune des Grands Vents, ce temps où l’air nettoie, déplace et dévoile. Puis, portée par la même rafale, une autre présence, plus ancienne et plus intime, s’est levée dans mon cœur : celle de ma maestra du Pérou.
Je revois son regard, j’entends son rire grave, je sens encore son souffle quand elle me soufflait le parfum sacré. Elle m’avait fait diéter cette plante dont le nom signifie « médecine du vent ». Pendant ces jours de silence et de diète, j’ai appris à ne pas seulement sentir le vent, mais à l’écouter, à laisser son souffle traverser ce qui doit être traversé.
Ce matin, la fraîcheur sur mon visage n’était pas un simple courant d’air. C’était une caresse venue d’ailleurs, un rappel subtil que ma maestra, bien qu’elle ait rejoint le monde des esprits, continue de marcher près de moi sous une autre forme.
Car ceux qui nous quittent ne disparaissent pas. Ils se transforment. Ils deviennent vent dans les arbres, frisson sur la peau, mouvement soudain de lumière. Dans la tradition Hopi, les nuages sont nos ancêtres. Ils voyagent dans le ciel, veillent sur nous, nous apportent la pluie qui nourrit la terre. Ma maestra est là, dans ce vent, peut-être aussi dans ces nuages qui passent.
Car nous sommes sous la protection de Waboose, Gardien du Nord, direction de la sagesse des ancêtres. La caresse du vent, ce souffle si familier venu du Nord, semblait me dire : « Je suis là. Même quand tout vacille, je suis à tes côtés. » C’était la voix même de la sagesse ancestrale qui me parlait à travers ma maestra.
Car cette Lune des Grands Vents est aussi celle des ébranlements. Celle où le vent souffle de toutes les directions, où l’on est secoué, bousculé, déstabilisé. C’est précisément dans ces moments-là que l’enracinement devient vital. Comme le plantain qui résiste aux tempêtes grâce à ses racines profondes, nous devons trouver notre ancrage quand tout tourbillonne autour de nous.
Ma maestra le savait. Elle qui maîtrisait si profondément la médecine du vent venait me le rappeler ce matin : le vent n’est pas notre ennemi. Il est porteur de messages, de soutien, de présence.
Dans les traditions que j’ai eu l’honneur de rencontrer, quand le vent se lève pendant une cérémonie, c’est une réponse. Les esprits sont là. Ils écoutent. Ils répondent. Ils parlent.
Ce matin, ma maestra est venue me parler. À travers le vent de cette Lune des Grands Vents, me rappelant que les enseignements et l’amour survivent à la mort. Que nous restons reliés, toujours, par ce fil invisible que le vent tisse entre les mondes.
Février dans la Roue de Médecine : la médecine du vent
Avant même de nommer cette lune, il est juste d'honorer la médecine du vent. Car février dans la Roue de Médecine nous enseigne que les vents ne font pas que balayer la terre, ils traversent nos corps, nos mémoires et nos attachements.
Le vent nettoie sans brusquerie. Il emporte ce qui est lourd, usé, stagnant. Il dissout ce qui nous retient, dénoue ce qui nous bride, ouvre ce qui s’est fermé. C’est pour cela que tant de peuples se tournent vers lui dans la prière. Le vent est porteur. Il transporte nos paroles sacrées, nos intentions, nos chants vers les esprits et les quatre directions. Le vent ne s’accroche à rien et, par sa seule présence, il nous enseigne l’art du détachement.
Le vent murmure une vérité simple : tout circule. La vie n’est pas une ligne droite, mais un souffle qui va et vient. Quand nous luttons contre le vent, nous nous épuisons. Quand nous acceptons de bouger avec lui, nous retrouvons notre fluidité.
Dans la Roue de Médecine, le vent vient des quatre horizons. Le vent de l’Est porte la naissance et la clarté. Le vent du Sud apporte la chaleur et la guérison du cœur. Le vent de l’Ouest nous emmène vers la transformation profonde. Le vent du Nord nous offre la sagesse des ancêtres. Sous la Lune des Grands Vents, ces souffles se rencontrent et tourbillonnent. Nous sommes invités à rester centrés pendant que le monde bouge autour de nous.
Pour de nombreux peuples amérindiens, le vent est le souffle sacré qui anime toute chose. Respirer avec conscience, c’est entrer dans ce grand rythme cosmique : inspirer ce qui arrive, expirer ce qui s’en va. À chaque souffle, le vent nous traverse et nous relie au vivant.

La Lune des Grands Vents dans la Roue de Médecine
Du 19 février au 20 mars 2026, nous entrons dans la troisième et dernière lune de Waboose, le Gardien de l’Esprit du Nord. C’est un moment charnière où tout bascule. L’hiver hésite encore, mais déjà le printemps murmure sous la neige.
On l’appelle aussi la Lune du Mystère, car elle est instable, insaisissable, imprévisible. Les vents soufflent de toutes les directions. Nous sommes au centre de cette danse sauvage. L’enseignement de cette lune est simple, mais pas facile : rester centré spirituellement malgré les turbulences matérielles. C’est le moment de faire le tri entre ce que nous emportons vers le printemps et ce que nous laissons définitivement derrière nous.
Cette lune est liée au Clan de la Grenouille, porteur de l’élément Eau. Comme la grenouille qui émerge de la boue au premier dégel, nous sommes appelés à sortir de notre hibernation intérieure et à accepter que la vie est mouvement, flux, transformation permanente.
Les totems de février dans la Roue de Médecine
Dans la Roue de Médecine, chaque lune est accompagnée de totems qui nous guident. Pour février et la Lune des Grands Vents, quatre alliés marchent à nos côtés.
Le Couguar, puissance silencieuse, nous enseigne le pouvoir intérieur et l’art de l’observation patiente. La Turquoise, pierre du ciel, nous protège tout en faisant le pont entre les mondes. Le Plantain, humble guérisseur aux racines profondes, nous rappelle l’importance de l’enracinement avant l’envol. Et la couleur Turquoise, ce bleu-vert qui marie ciel et terre, nous invite à l’équilibre entre le spirituel et le matériel.
Dans mes enseignements de la Roue de Médecine, nous explorons ces totems en profondeur, avec les questions essentielles qu’ils nous posent et les cérémonies spécifiques pour honorer leur médecine. Mais déjà, leur simple présence peut vous accompagner durant ces semaines de transformation.
Rituels et pratiques pour février dans la Roue de Médecine
Pour ceux qui souhaitent travailler avec les énergies de cette lune, voici quelques pratiques simples que vous pouvez intégrer dès maintenant.
Prier avec le vent
C’est sans doute la pratique la plus simple et la plus puissante pour cette lune. Sortez lors d’une journée venteuse. Ne vous protégez pas. Au contraire, ouvrez-vous. Tenez-vous debout, face au vent, les bras ouverts.
Sentez le vent sur votre visage, dans vos cheveux, contre votre corps. Écoutez ce qu’il a à vous dire. Puis parlez-lui. Confiez-lui ce que vous devez laisser partir. Visualisez ces attachements, ces peurs, ces vieilles histoires qui vous alourdissent s’envoler avec les bourrasques.
Travailler avec le plantain
Si vous avez accès au plantain frais ou séché, c’est le moment parfait pour vous relier à cette plante médecine. Une tisane de plantain peut accompagner votre purification intérieure. Si vous avez de l’huile infusée de plantain, massez vos pieds en visualisant des racines qui descendent profondément dans la terre. Cela renforce votre enracinement pendant cette période de vents intenses.
Rituel des trois éléments : du vent à la terre
Cette lune des Grands Vents nous guide dans un voyage de purification et d’enracinement. Le vent nettoie notre mental. L’eau apaise nos émotions. La terre nous ancre solidement. Voici comment honorer ce chemin.
Ce dont vous avez besoin : - Un bol d’eau - Un lieu extérieur où le vent souffle - Vos pieds nus sur la terre (si possible)
Le rituel :
Placez-vous debout, pieds nus sur la terre, le bol d’eau devant vous.
1. Le Vent nettoie l’esprit : Face au vent, bras ouverts, confiez-lui vos pensées agitées, vos ruminations, vos inquiétudes. Laissez le vent les emporter. Sentez votre mental s’apaiser.
2. L’Eau accueille les émotions : Posez vos mains dans l’eau. Respirez. Faites la paix avec ce que vous ressentez. Colère, tristesse, joie, peur. L’eau accueille tout sans jugement. Laissez vos émotions couler, se calmer.
3. La Terre vous enracine : Sentez vos pieds sur la terre. Visualisez des racines qui descendent profondément depuis la plante de vos pieds. Mental apaisé par le vent. Émotions accueillies par l’eau. Vous voilà prêt à vous enraciner dans la terre du Nord.
Restez ainsi quelques instants. Stable. Ancré. Purifié.
Offrez une simple prière de gratitude aux trois éléments qui vous ont guidé vers cet enracinement.

Danser avec les vents
Ce matin, quand le vent m’a accueillie, j’ai compris que cette Lune des Grands Vents n’était pas venue me déranger. Elle était venue m’enseigner.
La transformation n’est pas toujours douce. Parfois, il faut que les vents nous secouent pour que nous lâchions enfin ce qui entrave notre croissance. Parfois, il faut que tout tourbillonne autour de nous pour que nous trouvions notre centre immobile.
Acceptons ces bourrasques de février-mars comme des alliées, non comme des obstacles. Février dans la Roue de Médecine nous rappelle de laisser les vents emporter ce qui n'a plus lieu d'être. Faisons confiance à leur sagesse ancienne.
Que cette période vous apporte le courage du couguar, l’enracinement du plantain, la protection de la turquoise, et la sagesse de danser avec le vent plutôt que de lui résister.
Que les vents vous portent vers votre plus haute expression.
Pour aller plus loin
Si cet article vous a touché et que vous ressentez l’appel de cette Lune des Grands Vents, je vous invite à explorer plusieurs chemins pour approfondir ce voyage avec la Roue de Médecine.
Vous pouvez découvrir mes enseignements sur la Roue de Médecine de Sun Bear, un cycle d’apprentissage qui vous accompagne à travers les saisons et les lunes, pour vivre en harmonie avec les rythmes de la Terre et honorer chaque passage sacré.
Je vous invite également à rejoindre mes ateliers au studio de yoga Yoga With You au Bouscat, où nous explorons ensemble la sagesse des cycles naturels, la reconnexion au féminin sacré, et la puissance des cérémonies de guérison dans un espace de douceur et de bienveillance.
Pour ceux qui ressentent le besoin d’une purification plus profonde en cette période de vents intenses, vous pouvez réserver un soin au tambour, une pratique ancestrale qui aide à libérer les énergies stagnantes, à retrouver votre clarté intérieure, et à vous recentrer malgré les turbulences.
Et si vous souhaitez cheminer en communauté, je vous invite chaleureusement à rejoindre notre cercle. Nous avançons ensemble, dans le respect du rythme de chacune et chacun, avec douceur, écoute et présence.
N’hésitez pas non plus à explorer les autres enseignements de la Voie Hopi : les 20 Signes Sacrés, la Voie des Femmes, les Treize Lunes, ou encore les Centres Vibratoires. Chacun de ces chemins offre des clés pour vous reconnecter à votre essence, marcher en équilibre sur cette Terre, et honorer la sagesse ancestrale qui vit en vous.
Que cette Lune des Grands Vents vous guide vers une libération profonde et un enracinement puissant.
« Ce que tu laisses s’envoler avec le vent fait de la place
pour ce qui veut naître au printemps. »
















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