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Paix intérieure : ce que les Hopis nous enseignent face à la violence

il y a 12 minutes
5 min de lecture
Face à la violence, nous cherchons la paix. Une cérémonie de la Pipe Sacrée m’a montré qu’elle naît au dedans, comme l’enseignent depuis toujours les Hopis, peuple de la paix. Voici comment cultiver la paix intérieure, quand le monde s'agite.

Une femme vue de dos, aux longs cheveux blonds bouclés, se tient dans une forêt embrumée à l'aube. De son cœur s'élève une flèche de lumière qui monte vers une cible lumineuse et circulaire entre les arbres. Des lignes d'énergie concentriques entourent la cible. Dominantes de vert profond, d'or et de turquoise pâle.
La flèche qui revient vers la paix

Un cœur brisé ne trouve pas la paix intérieure


Je n'étais pas en France quand la violence a frappé. J'étais en Thaïlande, loin, à regarder cela de l'autre côté du monde.

Le 14 octobre, j'ai passé vingt-quatre heures au temple de Wat Pah Subthawee Dhammaram, auprès de Luang Por Ganha Sukhakamo.

Un temps court.

Mais une phrase des moines de la forêt m'est restée :

Nous ne pouvons pas trouver la paix si nous avons le cœur brisé.


Un cœur brisé ?

Sa réponse est une question qu'il pose à chacun :

Mon cœur est-il paisible ?

Ou est-ce que je l'envoie vers les choses extérieures, jusqu'à devenir distrait ?

Moine distrait, novice distrait, nonne distraite, homme ou femme distraits.

Une personne dont le cœur et l'esprit sont brisés.

Qui n'est pas en paix.


Brisé, donc, par la dispersion.

Un cœur qui sort de lui-même à chaque agitation.

Et dans l'agitation, la paix ne s'installe pas.

Cette paix-là, je la cherchais depuis quelques jours.

Sans la trouver.


Un très vieux mot dit la même chose, dans la Bible, celui que l'on traduit par péché signifiait d'abord autre chose.

En hébreu comme en grec, il veut dire manquer la cible.

L'archer dont la flèche dévie.

Pas une faute.

Un écart.


Quand mon mental s'agite, je manque ma cible.

Et ma cible, c'est la paix.


Ce que la Pipe Sacrée m'a montré


Le 23 octobre, j'ai fait une cérémonie de la Pipe Sacrée pour la paix.

La mienne d'abord, parce que tout commence là.


Des messages sont montés.

Le premier m'a surprise : prier pour la paix n'était pas la direction.

Pas tant que je ne la portais pas moi-même.


Puis est venu l'effet miroir.

Mon manque de paix intérieure répondait à l'agitation du monde dans lequel nous vivons.

Ce qui s'agite en moi résonne avec ce qui s'agite autour.

Ou plutôt : ce qui s'agite autour trouve en moi de quoi s'accrocher.


Un os creux, comme on dit chez les Hopis, ne retient rien.

L’agitation le traverse comme le vent traverse un roseau.

Chaque jour, je m’exerce à me laisser traverser.

Mais bien souvent, je rencontre mes accroches.


Les plus jeunes, eux, reçoivent cette agitation de plein fouet.

Plus sensibles, plus vulnérables, plus perméables, ils la ressentent sans toujours en avoir conscience.


Ce qui nous accroche ainsi, nous pouvons l’appeler l’ego.

Cette part de nous qui se définit, se défend, veut avoir raison et craint de disparaître.

Il y a celui de chacun de nous. Et celui du monde que nous habitons, qui ne veut pas disparaître non plus.

Quand les consciences s’éveillent, il sent qu’il perd du terrain.

Il a peur.

Alors il répand la peur, la colère et la violence.


Face à l’ego du monde, je ne peux rien.

Face au mien, je peux quelque chose.

Alors la question change.

Comment la construire solidement en moi, cette paix.

Comment ne pas me laisser emporter par l’agitation, celle du monde comme la mienne.

Comment ne pas manquer ma cible.


Un paysage de mesa désertique au lever du soleil. Deux chemins se séparent : l'un sombre et déchiqueté, l'autre vert et fluide. Un petit pont de lumière les relie. Au-dessus, une lueur en forme de cœur s'élève. Lignes d'énergie douces, tons de terre cuite, de vert profond et d'or.
Le pont vers le cœur

Hopi, le peuple de la paix


Ce que la Pipe Sacrée m'a montré, les Hopis le vivent depuis toujours. Leur nom lui-même est une invitation à la paix.Thomas Banyacya l'a rappelé aux Nations unies, le 10 décembre 1992 (enregistrement officiel, texte intégral en anglais) :

« Hopi, dans notre langue, veut dire un peuple paisible, bon, doux, sincère. »

Depuis 1948, il portait ce message confié par les anciens.

Aux Nations unies, il a rappelé une prophétie : un jour, les dirigeants du monde se réuniraient pour résoudre les problèmes sans guerre.


Que font les Hopis face à la violence du monde ?

Ils ne cherchent ni le pouvoir, ni la richesse, ni la force.

Ils prient, ils jeûnent, ils font leurs cérémonies, pour maintenir l’équilibre de la terre et de tous les êtres vivants.

Leur réponse à la violence est de porter la paix en eux.

Si profondément qu’elle devienne un appui pour les autres.

 

La fin du quatrième monde


Pour les Hopis, nous vivons dans le quatrième monde, et il est en grande difficulté.

Chaque monde précédent s'est achevé par une purification, quand les humains se sont détournés des lois de la nature et de l'esprit.

Banyacya avertit que celui-ci peut finir de la même façon si nous ne nous réveillons pas.

Mais il montre aussi qu'un choix existe.

Deux chemins s'ouvrent devant nous.

Le premier avance avec la technologie, séparé de la loi naturelle, et mène au chaos.

Le second reste en harmonie avec elle.

Entre les deux, il y a un pont : on peut changer de chemin.

C’est ce chemin de l’harmonie que les Hopis appellent le cinquième monde.

Pour en savoir plus sur cette prophétie, lis Prophétie Hopi et du cinquième monde.

Un monde non pas de technologie.


Pour qu'il naisse, l'ancien doit s'effacer.

Et ce qui est ancien ne s'efface pas sans résistance.

C'est peut-être ce que nous traversons : la transformation de chacun de nous, et celle du monde.


Banyacya ne laisse pas cette traversée sans direction.

Si nous revenons à l'harmonie spirituelle et vivons depuis le cœur, dit-il, un paradis devient possible sur terre.


Depuis le cœur.

Pas depuis la peur.

Pas depuis l'agitation.


Le moine (Luang Por Ganha) parlait d'un cœur brisé.

Les Hopis parlent d'un cœur qui guide.

Un cœur qui ne court plus vers l'extérieur.

Un cœur qui aime.


Cultiver la paix intérieure


La paix ne se décrète pas.

Elle se cultive, comme un jardin.

Chaque jour, avec patience.

Cultiver, c'est ramener le cœur chaque fois qu'il part vers l'extérieur.

C'est revenir vers la cible chaque fois que l'agitation la fait dévier.


Alors je respire.

Je m'enracine.

Je médite.


La Pipe Sacrée m’a montré autre chose.

Quand le chaos s’installe dans mon mental, l’heure est venue d’une cérémonie.

Et j’ai beaucoup de gratitude pour ces instants où je me laisse distraire.

C’est là que j’apprends.

Là que mon orgueil s’efface devant l’humilité.

Ma flèche dévie.

Je recommence, et je vise à nouveau la paix.


À toi de jouer


Cette semaine, repère le moment où ton cœur part vers l'extérieur.

Ne te juge pas.

Respire.

Reviens.

Pose-toi la question de Luang Por Ganha :

Mon cœur est-il paisible ?


Pour aller plus loin


 

Ce que je cultive en moi, je le donne au monde.

 

ASKWALI

 
 
 

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